Pourquoi parler de l’interdit?

 

 « Il faut préciser qu’il y a 35 ans, quand une femme prenait la parole en public, la moitié masculine de l’assistance ne s’en souciait guère. »

– Ginette Noiseux, directrice artistique de l’Espace Go,

théâtre caractérisé par la contribution des femmes à ses créations.

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Il n’y a pas d’école pour apprendre à militer. L’éducation n’encourage que l’obéissance aveugle, aucunement un esprit critique perspicace et perçant. Définitivement pas une critique féminine.

Simultanément à ma carrière d’actrice de cinéma et de théâtre (pendant laquelle j’ai été demandée trop souvent à personnifier les victimes d’actes machistes et violents au niveau psychologique et/ou physique, tout comme j’ai délibérément joué les femmes battues ou violées, les travailleuses du sexe, les esclaves sexuelles ou les blondes sexy sans aucune personnalité), j’ai poursuivi une formation de gestionnaire artistique au HEC Montréal, complétée ce printemps 2016. Pendant mes études et mon travail artistique, je suis devenue maman d’un garçon et je me suis totalement consacrée à un militantisme radical défendant les droits des femmes.

Je suis devenue une figure publique et une porte-parole établie pour l’organisation la plus controversée au niveau international : FEMEN. Ce dévouement militant m’a apporté beaucoup de respect de la part de la population, voir même une popularité. Cependant, mon engagement m’a apporté une pauvreté pire que celui d’une artiste et aussi beaucoup de haine et de représailles de la part des hommes, de certains politiciens et politiciennes, de certains journalistes, de certaines féministes et certaines travailleuses du sexe. En ce qui concerne les hommes, sans haïr la population masculine comme certains médias le présentent, je défends leurs droits tout aussi comme je défends les droits des immigrants, des autochtones, des minorités visibles et toute personne qui est victime de toute forme d’injustice, de discrimination et de violence.

Je n’ai rien à tirer de ce combat que je mène pour moi et pour toutes celles qui doivent se taire. Je ne travaille pas pour personne et je ne suis pas payée par personne. FEMEN a toujours été une organisation indépendante et se bat pour préserver son âme. Toutes les branches sont auto-structurées et fonctionnent sans une structure hiérarchique. Par contre, il ne faut jamais oublier qu’officiellement le brand FEMEN appartient à Anna Hutsol. Comme il ne faut pas effacer les pas historiques fait par Oxana Shachko (créatrice de l’imagerie visuelle et première à protester topless), Sasha Shevchenko (première porte-parole), Iana Zhdanova (une des militantes les plus féroces), Tatyana Zacerkovnaya, Евгения Крайзман, Iryna Serbina, Аня Алляйн et d’autres femmes dans l’ombre. La contribution d’Inna Shevchenko (leader de Femen France) a été extraordinaire, mais FEMEN ne se résume pas à la définition qu’elle lui donne. FEMEN se vit devant les caméras et dans les coulisses, dans le sommeil et dans tous les périples de la vie.

Un sujet nous a toujours donné des maux de tête et des maux de ventre. Ce sujet est la raison principale des multiples discordes idéologiques à l’intérieur du mouvement national et international et je me suis dédiée à une étude approfondie de ce tabou contemporain : le sexe tarifié.

FEMEN se positionne contre l’industrie du sexe. Mais comment expliquer ce que ça veut dire concrètement? Qu’est-ce que l’industrie du sexe? Pour me solidifier dans ma recherche, j’ai étudié en Nouvelles Formes de Communication Médiatique et Nouvelles Approches Journalistiques me spécialisant en journalisme d’enquête dans mon pays d’origine, l’Ukraine. Par la suite, je me suis dédiée à une observation sur le terrain. Utilisant mes nouvelles aptitudes d’apprentie journaliste, j’ai commencé à écrire le scénario de mon court-métrage ainsi que des multiples versions d’un canevas de long-métrage à l’aide de plusieurs collaborateurs et collaboratrices fortement intéressés par le paradoxe des femmes résistant et se soumettant aux lois patriarcales. Pour affirmer ma pensée idéologique, je suis allée dans la ville de New York pour étudier en féminisme et sexualité à Columbia University avec des féministes réputées de partout dans le monde, études organisées par Brooklyn Institute of Social Research.

En enquêtant sur la vie intime et professionnelle des travailleuses du sexe pendant plus de 3 ans, ma conclusion se résume au simple fait qu’absolument aucune avancée n’a été fait dans la liberté féminine de prendre parole en ce qui concerne son auto-détermination sexuelle dans la sphère publique, voir même personnelle.

Tous les problèmes que j’ai rencontré pendant ma persévérance à écrire, réaliser et produire mon film m’ont prouvé la peur de cette auto-détermination féminine. J’ai réalisé à quel point c’est important qu’une parole féminine interdite sorte de son ombre et j’ai tout simplement trouvé une brèche pour agir dans le style sextrémiste pour démasquer ce que l’on nous cache aux citoyens et dire la vérité sur l’industrie du sexe sans accuser personne sauf les vrais criminels qui ne sont ni les travailleuses du sexe ni les clients ni même ceux qu’on définit comme pimps.

Le sextrémisme, c’est la sexualité féminine qui se rebelle contre le patriarcat par des actions politiques frontales et radicales. Le sextrémisme se bat contre une vision de la sexualité dominée par les hommes. Les lois sur la prostitution ne condamnent ni la discrimination ni les sevices. L’hypocrisie politique, la désinformation enracinée, l’ignorance, la défense psychique, la peur du stigma du mot PUTE et l’allégeance aux intérêts dominants sont des barrières à parler ouvertement de dynamiques prostitutionnelles dans nos sociétés et sont la racine même du contrôle discriminatoire des femmes.

FEMEN est à la frontière du paradoxe: ce paradigme du service ou du sacrifice du côté des femmes et du paiement et du bon droit du côté des hommes. (tiré du Prisme de la Prostitution)

inspiration

TROIS ORGANISME sur la même ligne de front?

  • La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)
  • L’organisme communautaire ayant pour but de soutenir les travailleuses du sexe afin que celles-ci puissent vivre et travailler en sécurité et avec dignité (STELLA)
  • Le mouvement révolutionnaire qui se bat contre les dictatures, les institutions religieuses et l’industrie du sexe (FEMEN)

Merci Mélanie Carpentier, fondatrice de LA MAISON DE MÉLANIE, un organisme aux valeurs féministes et humanistes, qui a pour mission l’aide directe, neutre et efficace auprès des victimes de la traite humaine à des fins d’exploitation sexuelle. Nous favorisons la réinsertion sociale des victimes en leur offrant des services de consultation et d’éducation liés à leurs droits et de l’accompagnement dans leurs démarches judiciaires.

*PUTE* est un mot qui BLESSE toutes les femmes.

Articles à lire:

1 – Sur le premier procès de FEMEN au CANADA:

Après nos actions contre la prostitution au Grand Prix en 2014 et 2015, une militante été accusée d’action indécente: une «action inappropriée qui excède le seuil de tolérance de la société».

2 – Sur l’arrestation américaine de la fondatrice de FEMEN QUÉBEC:

Traduction française: L’ex-dirigeante de Femen Québec et porte-parole de Femen Canada, Kseniya Chernyshova (nom professionnel Xenia Sin), artiste pluridisciplinaire ainsi que consultante en marketing pour une organisation qui aide les victimes d’exploitation sexuelle, La Maison de Mélanie, a été arrêté le 11 novembre 2016 dans la ville de New York. Xenia a passé 24 heures en prison, son argent personnel et son téléphone sont toujours confisqués. Elle a été prise violemment par la police tout en travaillant sur son docu-fiction autoproduit indépendant appelé Political Playgirl (en français Reine et Ruine), un film craint par le lobby pro-sexe et jugé comme une promotion de la prostitution par les abolitionnistes. Xenia voit son scénario comme une autre injustice pour les femmes et les gens en général. En vertu de la loi de New York, elle a été soupçonnée d’être coupable de prostitution. Xenia nie toutes les accusations et a été libérée le 12 novembre 2016. Elle a été laissé avec seulement un billet de dollar sur lequel elle a écrit le slogan officiel de Femen: CHAQUE FEMME EST UNE RÉVOLTE et 7 $ dollars fournis par son avocate, Danielle Von Lehman. Xenia est obligée de comparaître à la Cour le 12-06-16 à 9h30 au 314 West 54th St, NY. Les travailleuses du sexe et les féministes universitaires seront présentes à la Cour pour soutenir Xenia Sin dans le combat de toute femme pour la dignité et le respect de soi-même. Toutes les femmes sont invitées à se joindre à elles pour assister à un procès historique.

*L’argent et le téléphone ont été remis à Xenia le 25 novembre 2016.

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